URSSAF : le vrai net sur 1 000 € en micro-entreprise
Cotisations, CFP, CFE et impôt : calculez ce qui reste réellement sur 1 000 € facturés en micro-entreprise selon votre activité.
Avant de répondre, il faut corriger la question que se pose presque tout indépendant : l’Urssaf ne prélève pas sur un « salaire », mais sur le chiffre d’affaires déclaré. Et le montant réellement disponible n’est pas seulement ce chiffre d’affaires moins l’Urssaf. Il faut aussi distinguer la contribution à la formation professionnelle, l’impôt sur le revenu, une éventuelle cotisation foncière des entreprises, puis les dépenses concrètes de l’activité : sous-traitance, logiciels, assurance, matériel, commissions de plateformes, frais bancaires ou achats de marchandises.
Les calculs de cet article sont à jour des informations administratives publiées pour 2026 et portent sur 1 000 € de chiffre d’affaires hors taxes encaissé, pour une micro-entreprise en métropole, sans Acre, sans activité mixte et hors dépenses professionnelles réelles. Si vous facturez la TVA, elle ne fait pas partie du chiffre d’affaires à déclarer : la TVA collectée pour le compte de l’État n’est donc pas votre revenu. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36249?utm_source=openai))
Le résultat le plus utile à retenir est simple : pour une activité de vente, il reste 876 € avant impôt et frais réels ; pour une prestation de services BIC, environ 786,80 € avant impôt et frais réels ; pour une activité libérale BNC non réglementée, 742 € avant impôt et frais réels. Avec le versement libératoire, ces montants deviennent respectivement 866 €, 769,80 € et 720 €. Mais ce dernier choix ne convient pas automatiquement à tous les foyers fiscaux.
Le point de départ : 1 000 € facturés ne veulent pas toujours dire 1 000 € à déclarer
Dans le régime micro-social, les cotisations sont calculées en appliquant un pourcentage fixe au chiffre d’affaires. La déclaration et le paiement se font mensuellement ou trimestriellement auprès de l’Urssaf. Le taux englobe les cotisations et contributions sociales obligatoires du régime micro-social. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36232?utm_source=openai))
Pour piloter sa trésorerie, le mot décisif est encaissé. Une facture émise mais non payée ne produit pas le même effet qu’un encaissement effectif sur votre compte. Le livre des recettes que doit tenir le micro-entrepreneur porte d’ailleurs sur les recettes encaissées. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23266?isEnDeuil=false&utm_source=openai))
Dans la suite, « net » signifie donc : ce qui reste après cotisations sociales et contribution à la formation professionnelle, puis éventuellement après versement libératoire. Ce n’est pas un bénéfice comptable et ce n’est pas non plus le montant qu’il est raisonnable de dépenser personnellement. Une graphiste qui conserve 742 € après prélèvements sur une mission de 1 000 €, mais qui a 120 € de logiciels, 60 € de sous-traitance et 40 € de frais de paiement, n’a en réalité plus que 522 € avant CFE et avant impôt au barème.
Le régime micro simplifie le calcul des prélèvements. Il ne transforme pas les dépenses réelles en dépenses déductibles.
C’est une différence structurante. Sous le régime micro-fiscal, l’administration applique un abattement forfaitaire pour frais professionnels au lieu de déduire les frais réellement engagés. Pour les micro-BIC, les charges réelles ne sont donc pas déductibles du résultat fiscal. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31973?utm_source=openai))
Étape 1 : les cotisations sociales sur 1 000 €
Les taux de cotisations sociales dépendent de la nature de l’activité, pas du temps passé, ni du niveau de frais. En 2026, les taux pleins présentés par l’administration fiscale sont de 12,30 % pour la vente de marchandises, de 21,20 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales en BIC, de 25,60 % pour les autres prestations de services et professions libérales non réglementées en BNC, et de 23,20 % pour les professions libérales réglementées relevant de la Cipav. ([impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/en-tant-que-micro-entrepreneur-ai-je-toujours-interet-opter-pour-le?utm_source=openai))
- Vente de marchandises BIC : 1 000 € moins 123 € de cotisations sociales, soit 877 €.
- Prestation de services BIC : 1 000 € moins 212 € de cotisations sociales, soit 788 €.
- Prestation BNC non réglementée : 1 000 € moins 256 € de cotisations sociales, soit 744 €.
- Profession libérale réglementée relevant de la Cipav : 1 000 € moins 232 € de cotisations sociales, soit 768 €.
Ces montants ne comprennent pas encore la contribution à la formation professionnelle. Ils ne comprennent pas non plus l’Acre. C’est volontaire : l’Acre est conditionnée et son taux réduit varie notamment selon la date de début d’activité. Depuis le 1er juillet 2026, le taux minoré applicable dans ce dispositif a été relevé de 50 % à 75 % des taux habituels de cotisations sociales. Il faut donc faire une simulation distincte si vous êtes concerné. ([economie.gouv.fr](https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-micro-entreprise/micro-entreprises-quel-est-le-montant-de-vos-cotisations-sociales?utm_source=openai))
Étape 2 : ajouter la contribution à la formation professionnelle
La CFP est souvent oubliée dans les calculs rapides, alors qu’elle s’ajoute aux cotisations sociales. Pour les micro-entrepreneurs, son taux est de 0,10 % du chiffre d’affaires pour une activité commerciale, 0,30 % pour une activité artisanale et 0,20 % pour une activité libérale. Les sources administratives classent aussi les prestations de services dans le taux de 0,20 %, tandis qu’une prestation artisanale relève du taux de 0,30 %. Il faut donc vérifier l’activité déclarée, et non se contenter de l’étiquette générale « service ». ([entreprises.gouv.fr](https://www.entreprises.gouv.fr/espace-entreprises/faq/mon-entreprise-au-quotidien/quel-est-le-taux-de-contribution-la-formation?utm_source=openai))
Sur 1 000 €, la CFP paraît modeste, mais elle doit être intégrée au taux de provision :
- Vente commerciale : 1 € de CFP. Après cotisations et CFP, il reste 876 €.
- Prestation de services BIC non artisanale : 2 € de CFP. Après cotisations et CFP, il reste 786 €.
- Prestation de services BIC artisanale : 3 € de CFP. Après cotisations et CFP, il reste 785 €.
- Prestation BNC non réglementée : 2 € de CFP. Après cotisations et CFP, il reste 742 €.
- Profession libérale relevant de la Cipav : 2 € de CFP. Après cotisations et CFP, il reste 766 €.
Pour un freelance du web, la distinction la plus fréquente est la suivante : une prestation classée en BNC non réglementée supporte 25,60 % de cotisations sociales, puis 0,20 % de CFP. Sur 1 000 €, provisionner 258 € couvre donc ces deux prélèvements. C’est le premier virement à isoler dès l’encaissement.
Le net immédiat par activité : ce que vous pouvez garder avant impôt
Voici le résultat opérationnel, avant impôt sur le revenu, CFE et frais professionnels réels. Il s’agit du montant de trésorerie restant après le volet social et la CFP.
- BIC vente commerciale : 1 000 € moins 123 € de cotisations, moins 1 € de CFP : 876 € restants.
- BIC prestations de services non artisanales : 1 000 € moins 212 € de cotisations, moins 2 € de CFP : 786 € restants.
- BIC prestations de services artisanales : 1 000 € moins 212 € de cotisations, moins 3 € de CFP : 785 € restants.
- BNC non réglementé : 1 000 € moins 256 € de cotisations, moins 2 € de CFP : 742 € restants.
- BNC relevant de la Cipav : 1 000 € moins 232 € de cotisations, moins 2 € de CFP : 766 € restants.
Ce différentiel est loin d’être anecdotique. Entre une vente commerciale et une prestation BNC non réglementée, l’écart atteint 134 € sur le même chiffre d’affaires de 1 000 €, avant même l’impôt. Cela ne veut pas dire qu’il faut chercher à changer artificiellement sa catégorie : la qualification dépend de l’activité réellement exercée. En revanche, cela impose de connaître la catégorie de son activité avant de fixer un prix ou d’accepter une mission.
Étape 3 : l’impôt sur le revenu, avec ou sans versement libératoire
Deux mécanismes existent. Sans option, le chiffre d’affaires est déclaré avec les autres revenus du foyer et l’administration applique un abattement forfaitaire avant de soumettre la base restante au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Avec option, le versement libératoire prélève un pourcentage du chiffre d’affaires en même temps que le volet social.
Sans versement libératoire, l’abattement fiscal est de 71 % pour les activités de vente, de 50 % pour les prestations de services BIC et de 34 % pour les activités libérales BNC. Sur 1 000 € de chiffre d’affaires, la base imposable ajoutée aux revenus du foyer est donc de 290 € en vente, 500 € en BIC services et 660 € en BNC. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36244?utm_source=openai))
Le piège est de demander « combien d’impôt sur 1 000 € » sans donner la situation du foyer. Il n’existe pas de réponse universelle : le barème est progressif, dépend du quotient familial et prend en compte l’ensemble des revenus du foyer. En 2026, les taux du barème vont de 0 % à 45 %. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18045?utm_source=openai))
On peut néanmoins construire un ordre de grandeur. Si la totalité de la base issue de la micro-entreprise tombe dans une tranche marginale à 11 %, l’impôt théorique lié à 1 000 € est de 31,90 € en vente, 55 € en BIC services et 72,60 € en BNC. Si elle tombe intégralement dans une tranche marginale à 30 %, il atteint 87 €, 150 € et 198 €. Ce sont des illustrations de tranche marginale, pas un avis d’imposition prévisionnel : une partie de votre revenu peut relever d’une tranche différente.
Avec le versement libératoire, le calcul est beaucoup plus direct : 1 % du chiffre d’affaires pour la vente, 1,70 % pour les prestations de services BIC et 2,20 % pour les BNC. Les taux s’ajoutent aux cotisations sociales. ([impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/professionnel/le-versement-liberatoire?utm_source=openai))
- Vente commerciale : 1 000 € moins 123 € de cotisations, moins 1 € de CFP, moins 10 € de versement libératoire : 866 € restants.
- Services BIC non artisanaux : 1 000 € moins 212 € de cotisations, moins 2 € de CFP, moins 17 € de versement libératoire : 769 € restants.
- Services BIC artisanaux : 1 000 € moins 212 € de cotisations, moins 3 € de CFP, moins 17 € de versement libératoire : 768 € restants.
- BNC non réglementé : 1 000 € moins 256 € de cotisations, moins 2 € de CFP, moins 22 € de versement libératoire : 720 € restants.
- BNC relevant de la Cipav : 1 000 € moins 232 € de cotisations, moins 2 € de CFP, moins 22 € de versement libératoire : 744 € restants.
L’option n’est possible que sous conditions. Pour bénéficier du versement libératoire en 2026, l’administration indique notamment que le revenu fiscal de référence 2024 ne doit pas dépasser 29 315 € pour une personne seule avec une part, avec majoration selon le nombre de parts du foyer. Elle impose également le respect des seuils de chiffre d’affaires applicables. ([impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/comment-declarer-les-revenus-provenant-de-mon-activite-dauto-entrepreneur?utm_source=openai))
Le versement libératoire n’efface pas totalement l’effet de la micro-entreprise sur votre fiscalité globale. Le chiffre d’affaires reste à reporter dans la déclaration annuelle et les revenus concernés servent au calcul du taux effectif applicable aux autres revenus du foyer. ([impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/professionnel/le-versement-liberatoire?utm_source=openai))
La CFE : le prélèvement annuel qui ne rentre pas dans un calcul par facture
La CFE est le coût qui rend trompeur tout calcul « à la mission ». Elle ne dépend pas directement de votre facture de 1 000 €, mais de votre situation annuelle, de votre commune de domiciliation et, le cas échéant, de vos locaux. Un micro-entrepreneur qui travaille de chez lui ou chez ses clients peut tout de même être redevable de la CFE. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23999?s_id=178205989&utm_source=openai))
Il existe une exonération l’année de création. Il existe également une exonération lorsque le chiffre d’affaires hors taxes de référence n’a pas dépassé 5 000 €. Pour 2026, lorsque le chiffre d’affaires de l’année N-2 est inférieur ou égal à 10 000 €, la base minimum fixée par la commune se situe entre 250 € et 597 €. Cette base n’est pas automatiquement la somme effectivement payée : la commune applique son taux de CFE. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23999?s_id=178205989&utm_source=openai))
La méthode saine consiste à répartir la CFE prévisionnelle sur l’année. Si votre CFE annuelle finale est de 300 € et que vous prévoyez 30 000 € de chiffre d’affaires, vous pouvez provisionner 1 % de chaque encaissement pour la CFE : 10 € sur une mission de 1 000 €. Si votre chiffre d’affaires annuel est faible, cette charge fixe pèse beaucoup plus lourd. Des frais de gestion de 1 % du montant de la CFE et de la taxe additionnelle peuvent en outre s’ajouter lorsque la CFE est due. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36244?utm_source=openai))
Conclusion pratique : on ne peut pas annoncer honnêtement un « net CFE incluse » universel sur 1 000 €. Sans commune, année de création, chiffre d’affaires de référence et taux local, le chiffre serait inventé. Il faut l’estimer à partir de votre avis de CFE ou, pour une création, auprès du service des impôts des entreprises compétent.
Ce qu’il reste vraiment : le calcul de rentabilité à faire avant d’accepter
Le montant à considérer avant de dire oui à une mission n’est pas le net social. C’est le net après tous les coûts. La formule est simple : chiffre d’affaires encaissé moins cotisations sociales, moins CFP, moins impôt provisionné, moins quote-part de CFE, moins frais réels de production.
Pour un consultant BNC non réglementé, 1 000 € encaissés donnent 742 € après cotisations et CFP. Avec le versement libératoire, il reste 720 €. Si la mission exige 100 € de sous-traitance, 50 € de déplacement non refacturé et 20 € de logiciels ou commissions alloués, le montant économique disponible tombe à 550 €. Si une quote-part de CFE de 10 € est provisionnée, il tombe à 540 €. C’est ce dernier chiffre qui aide à décider si la mission est rentable.
Le régime micro reste particulièrement lisible, mais son revers est connu : les charges réelles ne diminuent ni l’assiette des cotisations micro-sociales ni, en principe, la base fiscale calculée forfaitairement. Plus vos dépenses structurelles dépassent l’abattement forfaitaire correspondant à votre activité, plus il devient pertinent de comparer avec un régime réel, sans conclure trop vite qu’un changement de statut est nécessaire. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31973?utm_source=openai))
Comment choisir un outil pour ça
Un bon outil de pilotage pour micro-entrepreneur ne doit pas seulement afficher un chiffre d’affaires ou générer des factures. Il doit permettre de voir, à chaque encaissement, ce qui appartient réellement à votre trésorerie disponible.
- Vérifiez la mise à jour réglementaire : l’outil doit distinguer les taux de vente, de services BIC, de BNC non réglementé et, si nécessaire, de Cipav. Il doit aussi permettre de paramétrer l’Acre plutôt que d’appliquer un taux générique.
- Exigez une logique d’encaissement : le suivi des cotisations doit partir des paiements reçus, avec des échéances mensuelles ou trimestrielles, et non seulement des factures émises.
- Demandez une provision fiscale séparée : un outil utile doit laisser choisir entre versement libératoire et barème progressif. Pour le barème, il doit au minimum vous permettre de fixer une réserve personnalisée, car l’impôt dépend de votre foyer fiscal.
- Ajoutez les coûts invisibles : CFE annuelle, assurance, banque, logiciels, commissions, achats, sous-traitance et frais de déplacement doivent pouvoir être ventilés par mission ou par mois.
- Gardez la main sur les catégories : l’outil doit séparer vos recettes par activité lorsque vous avez une activité mixte. Les abattements fiscaux et les taux peuvent alors différer selon la part vente, BIC services ou BNC. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F33339?lang=fr&utm_source=openai))
- Préférez l’export et la traçabilité : livre des recettes, état des encaissements, justificatifs et export comptable sont plus importants qu’un tableau de bord flatteur. La micro-entreprise impose notamment la tenue d’un livre des recettes encaissées. ([entreprendre.service-public.gouv.fr](https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23266?isEnDeuil=false&utm_source=openai))
Le bon outil n’est donc pas celui qui promet un « net » magique. C’est celui qui vous force à distinguer quatre poches : l’Urssaf, l’impôt, les charges annuelles comme la CFE et votre marge réellement disponible. Sur 1 000 € encaissés, cette discipline vaut souvent bien plus qu’un calcul approximatif fait au moment d’envoyer le devis.